VINCENT PELLISSIER EPFL, ingénieur et économiste
Le coiffeur chez lequel je vais depuis que je suis tout petit s'appelle Paul. Il a pignon sur l'avenue de la Gare. J'y retourne régulièrement. J'aime bien discuter avec Paul, quand le passé et le présent se mélangent, quand se dessinent des pistes pour le futur. On évoque les choses de la ville, du canton. Il me rappelle souvent que j'étais un junior qui tapait dans le ballon. On rêvait déjà d'un grand stade pour le FC Sion, hors les murs, aux Iles.
La dernière fois, nous avons longuement parlé de Sion en Lumière, puis de Sion et Lumières. Et je me dis qu'il s'agit là bien plus qu'un projet artistique ou d'une prouesse technique. Les châteaux sont constitutifs de notre identité. A l'EPFL nous avons dû construire, à coup de millions, un totem, le magnifique Learning Center. A Sion, nous oublions parfois même jusqu'à l'existence de Valère et Tourbillon! Il est grand temps pour moi de revisiter et de redécouvrir ces lieux magiques!
Avec mon coiffeur, au fil des ans nous avons constitué, chacun de notre côté, de nombreux souvenirs communs; l'émotion des finales de coupe suisse, les spectacles de Farinet, les soirées au comptoir de Martigny, le festival de Leysin les pieds dans la boue, Expo.02, l'effondrement des tours le 11 septembre... Que ce soit au niveau local, régional ou international, nous vivons tous ces aventures ensemble. Nous partageons donc aussi des responsabilités.
Cette chance de vivre dans un canton à l'environnement naturel exceptionnel, il faut en prendre soin. L'urbanisation de la plaine, corridor aménagé de manière quasi continue du lac jusque dans le Haut-Valais, connectée aux vallées latérales, se pense aujourd'hui au niveau des agglomérations, des régions. La maîtrise de la gestion du territoire est une des clefs pour l'avenir de nos enfants. Nous devons planifier aujourd'hui en pensant à demain.
Paul dit que les cheveux ont du caractère... comme leur propriétaire. Il y en a des lisses, des soignés, des gras, des courts, des gris, des plus «discrets»... Et que, comme pour les gens, ils changent avec le temps. L'autre jour, en coiffant une tête blonde, il a lâché: «Il a le cheveu impertinent ce petit, tout comme son père!» J'ai souri en me disant qu'il avait, une fois de plus, sûrement un peu raison.
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